Le tout beau de l’apprentissage en famille

Ce questionnement revient souvent dans les groupes de parents. Crapaud Chameau et L’école du rang de Katherine et plusieurs autres en ont déjà parlé. Ce sentiment de ne pas être à la hauteur, que les autres ont tellement l’air de vivre une belle aventure d’apprentissage en famille (j’essaie de ne plus utiliser « école-maison » afin de retirer le mot « école » du vocabulaire). Les belles sorties, le super matériel d’apprentissage, les projets justes WOW! Avec les médias sociaux, on est inondé de partout par des photos de la parfaite vie des autres. On se compare et est-ce qu’on en fait assez? Est-ce qu’on devrait passer encore plus d’heures à trouver l’idée, le thème la sortie? Pourquoi est-ce qu’il ne veut pas travail? Pourquoi est-ce qu’il rouspète et s’oppose? Est-ce que c’est parce que je suis une mauvaise mère (ou père) ou un mauvais parent-éducateur? Est-ce que j’ai fait une gaffe en le retirant de l’école, il n’y serait pas mieux finalement?

C’est encore plus présent, comme questionnement, lorsque nous avons un ou des enfants a besoin particulier. Les crises sont nombreuses et difficiles à vivre. Ce n’est pas du tout ce que nous voulons comme apprentissage en famille, ce n’est pas ce qui était supposer se passer, ni imaginer. Mais qu’est-ce que l’on fait de si mal pour que ce soit si beau dans les autres familles et pas dans la notre?

L’adaptation

Tout d’abord, et surtout lors d’un retrait de l’école, la première année d’apprentissage en famille est une année d’adaptation. Il faut réapprendre à vivre ensemble 24 sur 24 et à se connaitre. Dit comme ça, ça fait étrange n’est-ce pas? Apprendre à connaitre notre enfant qu’on connait par cœur? Eh pourtant, c’est un peu ça aussi. On s’adapte tous à cette nouvelle vie et on fera des essais et des erreurs avant de trouver notre équilibre familial. Cette première année est difficile et apporte son lot de doutes et de remise en question. C’est, parfois, aussi plusieurs deuils à faire, surtout lorsque nous avons des enfants à besoins particuliers. Et c’est accepter que chaque journée soit différente et qu’il y ait probablement plusieurs crises au travers des beaux moments.

L’image parfaite

Il est important de réaliser que les photos des super activités, des enfants avec le sourire, les projets impressionnants, les belles sorties, ne sont que la belle partie de notre apprentissage en famille. Qui a envie de montrer ses enfants en pleure? Qui a le temps de prendre en photo les projets mit de coté par manque d’intérêt ou qui n’ont l’air de rien? Quand la journée a été difficile, pourquoi parler des chicanes sans fin et des moments de crises des enfants? Après tout, on essaie aussi de préserver leur image.Centre des sciences

N’allez pas croire que c’est fait exprès. On est réellement fier de présenter le résultat final pour lequel tant d’efforts ont été faits. Heureux de montrer les sorties et les moments agréables. Dans les moments plates ou de gestion de crise, l’appareil photo est bien loin et nous avons bien d’autres choses en tête.

On se laisse donc prendre au piège, nous aussi, de montrer aux autres nos beaux moments parfaits.

La réalité

Autant que possible, tout en respectant mes enfants, j’essaie de parler de la réalité. De montrer que ce n’est pas toujours agréable et que, oui, parfois je suis découragée et que je n’aime pas du tout ce moment. Parce qu’il est important d’en parler aussi.

Comme cette journée d’aujourd’hui au Centre des sciences qui n’a pas vraiment été une belle journée pour moi.

Cette journée qui à commencer par un Petit escargot encore fatiguer lors de son réveil (de lui-même) et de Grand escargot qui voulait lire et parler (déranger) son petit frère. Cette crise de Petit escargot fatigué parce que son frère lui parlait et parce qu’il avait faim.

metro

Puis, malgré la préparation, avoir répété 1000 fois ce qui allait arriver à l’heure du départ… Avoir prit le temps de tout préparer d’avance pour ne rien oublier (comme ne pas oublier LE toutou réconfort essentiel – oublier à la maison lors d’une sortie il y a deux semaines), préparer les vêtements (manteau, bottes, tuques, mitaines…) dans l’entrée, prévoir partir d’avance pour compenser la possible crise, avoir prévenu une fois de plus du 10 minutes, puis 5 minutes restant avant le départ. Mit le Time Timer… Devoir, tout de même, gérer une crise d’opposition au départ.

Sortir dans le froid et entendre les plaintes. Mais ressentir le soulagement de l’autobus en avance (même si cela nous met beaucoup trop en avance). Puis, écouter les plaintes parce que c’est long comme trajet, que marcher donne mal aux pieds, qu’il fait chaud, froid…

Me faire bousculer volontairement pour une raison que j’ai oublié depuis alors que j’avais un chocolat chaud dans les mains qui m’a éclaboussé et, en tant qu’humaine imparfaite, réagir en bonne québécoise fâcher et sortir mon chapelet de bûcheron (5e niaiserie de sa part depuis le lever quand même).

Réaliser qu’un paquet d’imprévue désagréable hors de mon contrôle (sérieusement, pour moi, le Centre des sciences de Montréal est rayé de ma liste d’activité pour toujours) arrive et que je dois laisser Petit escargot un peu à lui-même le temps de tout régler alors que j’avais tout fait pour ne pas avoir à vivre ça (prévenu le centre des sciences d’avance, payer par téléphone, etc).

Réaliser que les activités prévues ne sont pas aussi intéressantes que vendues. Vivre avec un changement d’heure imprévu alors que spécifier que ce n’était pas une option acceptable… Bref.

Les belles photos d’enfants heureux et content de leur journée viennent avec des moments moins agréables, des crises, de l’opposition et beaucoup de stresse et de sentiments moins le fun qu’il n’y parait en image.

Alors, n’en mettez pas trop sur vos épaules. Permettez-vous de prendre le temps qu’il faut pour l’adaptation. Permettez-vous de ne pas être parfaite et de vivre chaque moment avec vos enfants, même les moins beau moments sans vous sentir coupable de ne pas en faire autant que la famille d’à côté. Qui sait, vous êtes peut-être la famille « parfaite » d’une autre famille sans le savoir

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de photo de Petit escargot à la Fabrik? 
Parce qu’il était dans son coin avec un jeu vidéo, car ça ne l’intéressait pas de fabriquer un bateau. On ne le montre pas ça hein?

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2 thoughts on “Le tout beau de l’apprentissage en famille

  1. Marjorie Répondre

    Merci pour le partage de cet article qui réconforte réellement dans les moments où c’est vrai qu’on trouve ça difficile et moins « beau » que ce qu’on souhaite vivre comme expérience familiale!! 😉 Chaque jour est tellement différentes en famille… hihihi
    et se comparer à juste du beau est tellement facile avec internet… 😛

    1. MamanEscargot Répondre

      Hehe, en effet 🙂

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